La politique énergétique de l’Arabie saoudite

Le budget de l’Etat saoudien est largement financé par le secteur pétrolier, l’Arabie saoudite a besoin d’environ 80 dollars le baril sur le marché mondial pour la restructuration du budget de l’Etat.

Ces dernières années, nous avons vu que l’Arabie saoudite a dû réduire sa production pétrolière. L’une des principales raisons était que l’Arabie saoudite souhaitait réduire la quantité de pétrole disponible sur le marché. Ainsi, le gouvernement saoudien croyait pouvoir contrôler le prix du pétrole sur le marché. L’objectif principal était de maintenir le prix du pétrole brut à un niveau élevé afin de financer le budget de l’Etat par une augmentation des ventes à l’exportation. Comme l’Arabie saoudite a besoin d’un prix du pétrole de plus de 80 dollars par baril de pétrole au moins à long terme pour restructurer son budget national et en même temps pour se préparer aux changements à venir de l’économie mondiale, il est clair qu’elle ne veut aucune concurrence.

Mais les États-Unis sont actuellement en concurrence avec l’Arabie saoudite. En raison des quantités d’huile de schiste et de gaz de schiste aux États-Unis, ce pays est devenu exportateur de pétrole et de gaz à moyen terme. Les États-Unis exportent maintenant une partie de leur production pétrolière et pétrolière vers les pays occidentaux, notamment l’Union européenne. Le traitement du pétrole et du gaz ne sera rentable que si l’on exporte le reste de la production pétrolière dont les États-Unis eux-mêmes n’ont pas besoin, en particulier les quantités qui sont destinées à l’exportation de gaz de pétrole liquéfié. Une grande partie de ce traitement et de cette valorisation du pétrole brut et du gaz naturel a lieu au Texas, où se trouvent certaines des raffineries les plus grandes et les plus modernes des États-Unis.


Perspectives à long terme des approvisionnements en pétrole et en gaz de l’Arabie saoudite

Il est prévisible que les volumes de production de pétrole et de gaz des États-Unis diminueront parce que les États-Unis ont déjà dépassé leur pic de production de pétrole classique. Mais l’Arabie saoudite elle-même ne pourra pas exclure qu’un sort similaire à celui des Etats-Unis s’installe pour eux. Certains signes indiquent que l’Arabie saoudite a déjà dépassé le pic de production pétrolière, ce qui signifierait également que nous avons dépassé le pic de production pétrolière mondial. Des signes indiquent, entre autres, que l’Arabie saoudite voulait initier la privatisation de Saudi Aramco, dans le cadre d’un appel public à l’épargne. Il s’agirait de l’une des plus importantes introductions en bourse d’une entreprise publique jamais réalisée. Enfin et surtout, le gouvernement de l’Arabie saoudite a changé d’avis et a retiré l’offre publique jusqu’à nouvel ordre. Toutefois, on peut se demander combien de temps l’Arabie saoudite sera en mesure de maintenir les indicateurs techniques de l’importance réelle des réserves pétrolières du pays sous clé. En général, presque tous les pays de l’OPEP gardent secrets les chiffres de leurs réserves pétrolières.

Certains pays avaient déjà annoncé depuis des décennies que leurs réserves pétrolières étaient restées constantes au fil des ans, ce qui n’est en fait pas le cas. C’est précisément cette relation de confiance endommagée entre les différents pays de l’OPEP qui transforme aujourd’hui l’Arabie saoudite en catastrophe, car il n’y a pas de confiance entre les pays et personne ne sait à quel point la production pétrolière de l’autre pays est élevée. Par conséquent, il se peut fort bien que la valeur marchande du pétrole soit complètement mal évaluée. Comme les contrats de gaz naturel sont habituellement liés aux prix du marché du pétrole brut, le gaz naturel est également mal évalué.

L’Arabie saoudite se trouve toujours dans une situation géopolitique délicate. Il est entouré de points chauds. L’Iran en particulier est un problème pour le Royaume d’Arabie Saoudite. Le rapprochement des Etats-Unis avec l’Iran est particulièrement délicat. Étant donné que les contrats pétroliers sont offerts en dollars américains sur les marchés pétroliers internationaux, l’Arabie saoudite renonce à son droit de codétermination, mais les États-Unis lui accordent une protection militaire. Cela explique en partie pourquoi l’Arabie saoudite a finalement exhorté les États-Unis à ne pas abolir les sanctions contre l’Iran.


Conclusion de la politique énergétique actuelle de l’Arabie saoudite

La situation géopolitique actuelle en Arabie saoudite est difficile à analyser car elle dépend de nombreux facteurs différents.

En ce qui concerne le secteur de l’énergie, l’Arabie saoudite devrait enregistrer à l’avenir une baisse sensible des recettes provenant des exportations de pétrole. Cela conduit à des problèmes de politique intérieure, car ce sont les recettes d’exportation de l’industrie pétrolière qui garantissent la cohésion de la société tribale saoudienne.

Les tentatives de la monarchie de construire de nouvelles villes dans le désert en concurrence avec Dubaï ne me semblent réalisables que sous certaines conditions. Je m’attends à ce que les États-Unis continuent de collaborer étroitement avec l’Arabie saoudite sur les questions militaires et énergétiques, ce qui est généralement logique. Et finalement, seule une petite partie de la production de pétrole et de gaz en Europe provient des pays du Golfe.


Sources:

Jérémie Amsallem, Décideurs Magazine: Le Qatar se retire de l’Opep et défie l’Arabie saoudite, 2018: https://www.magazine-decideurs.com/news/le-qatar-se-retire-de-l-opep-et-defie-l-arabie-saoudite

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